Les Alsaciens sont des Chinois D ans un sketch de son cabaret du Barabli, Germain Muller imaginait l’Alsace annexée en 2050 par la Chine. Frédéric Hoffet a résumé la scène. Alors que la ville pavoise et que les femmes portent leurs plus beaux habits folkloriques, le général Hou Chou Fou trône sur sa tribune, place Kléber, entouré de son Etat-­‐Major et des autorités civiles et universitaires. Ces dernières s’évertuent par diverses méthodes à démontrer que dans le fond, les Alsaciens sont des Chinois. Leur histoire commence avec le passage d’Attila, dont les guerriers ont peuplé les campagnes et bâti les villes. La langue des Alsaciens a même un fond chinois, la forme de leur crâne est mongoloïde…(1). On peut, rétrospectivement, en rire, mais ce à quoi Germain Muller faisait allusion, c’était l’acharnement qu’on a mis, côté

français et côté allemand, à annexer symboliquement les Alsaciens. Les linguistes, les historiens, les anthropologues ont été mis à contribution pour démontrer que les habitants de cette bande de terre entre Rhin et Vosges étaient soit des Celtes, soit des Germains. Cette entreprise peu scientifique a laissé des traces dans la poussière des bibliothèques. Elle mérite qu’on y fasse un petit tour, ne fût-­‐ce que pour s’en purger l’esprit une bonne fois pour toutes. Commençons par les « ethnologues ». Ceux du Führer, c’est bien connu, mesuraient les crânes, et les archéologues reçurent pour mission de prouver que les Triboques de l’époque de César étaient déjà des Germains. En clair, que le Deutschtum est ancien en Alsace (2). Dans les années d’après-­‐guerre, les historiens français ne manquèrent pas une occasion de stigmatiser l’archéologie allemande supposée au service d’une idéologie et d’une volonté de réannexion. On oubliait du coup que les productions des « historiens » français valaient également le détour. Nous ne nous refuserons pas le plaisir de revenir sur ce point. Viennent ensuite les linguistes. Germain Muller les montre acharnés à prouver que les Alsaciens ont certes subi quelques influences germaniques mais que sur le fond, ils sont chinois. Qui faut-­‐il reconnaître derrière cette « science » ? Très clairement, la cohorte de juristes et de pseudo-­‐historiens de la rive ouest qui depuis au moins le XVIe siècle, se sont efforcés de justifier les conquêtes à venir. Pour une histoire de l’historiographie On pourrait être tenté de faire remonter la dispute franco-­‐ allemande à Jakob Wimpheling et Thomas Murner. Depuis les années 1440, la France avait des visées en direction du Palatinat. Wimpheling défend donc en 1501, dans sa Germania la germanité absolue des bords du Rhin. Pour ce faire, il recourt à des arguments historiques et juridiques (3).

La question de l’appartenance devient aigue après la Guerre de Trente (1618-­‐1648), avec le projet d’annexion de la Lorraine et de l’Alsace par Richelieu. Du point de vue cynique et froid de la géostratégie, elle s’impose aux décideurs français de l’époque. On craint à Paris que les Espagnols ne constituent entre leurs possessions des Pays-­‐Bas et de l’Italie un couloir qui finirait par enserrer la France. Il faut donc enfoncer un coin entre ces deux territoires en contrôlant, directement ou indirectement, l’Alsace ou la Lorraine. On y parvient d’abord indirectement en finançant les armées d’un prince allemand ambitieux, Bernard de Saxe-­‐ Weimar, qui rêve justement de se tailler une principauté dans la zone. Peu importe qu’on prolonge de 17 ans les souffrances des populations locales (4). Après 1648, Louis XIV jette le masque et annexe sans vergogne les territoires de la rive ouest du Rhin. Voilà pour le hard power : les armées, l’artillerie, les espèces sonnantes et trébuchantes. Mais il faut ensuite justifier la conquête. C’est là qu’intervient le soft power, l’armée des intellectuels de tous poils, si désireux de plaire à sa Majesté, -­‐ ou à ses héritiers -­‐ en réécrivant le droit ou l’histoire. Au moment des traités qui ont consacré les annexions en 1648, ce sont surtout les juristes qui ont été à la manœuvre (5). On trouvera ensuite des arguments historiques, puis ethno-­‐ graphiques Les Triboques et les Alamans entrent en scène De ces batailles sur l’appartenance ethnique des Alsaciens, l’on trouve les premiers échos chez un étrange Strasbourgeois, Ulrich Obrecht, dont le Rerum Alsaticarum Prodromus paraît en 1681, l’année même de la capitulation de la ville (6). On y constate que pour l’auteur, la tribu qui habitait jadis le Bas-­‐Rhin, les Triboques, étaient des Celtes venus de la Celtique transrhénane, et non des Germains. On sait aujourd’hui que c’était effectivement le cas, mais Obrecht, en son temps, ne pouvait s’appuyer sur aucun argument scientifique (7). Il y a un autre point sur lequel il prend clairement le contrepied des thèses françaises : la présence ou non des Alamans

en Alsace. Côté français, on affirmait en effet qu’elle était directement passée des Romains aux Francs. Quel était l’intérêt de ce tour de passe-­‐ passe ? Les historiens français défen-­‐ daient un scénario où ces derniers étaient assimilés aux Allemands, les Francs aux Français, les Bourguignons aux Burgondes. De cette manière, l’arrivée de la France sur les bords du Rhin au XVIIe siècle pouvait être présentée comme un retour de l’Histoire. Les Français (entendez : les Francs) se contentaient Ulrich Obrecht de revenir chez eux. Pour construire une historiette présentable, on intercalait entre le départ des Romains (408) et l’arrivée des Alamans (après 450), la présence de Burgondes. Parfois, on gommait carrément la présence alémanique. A quoi Obrecht répond : « Il est facile de démontrer que l’Alsace n’a pas été cédée aux Francs par les Burgondes, mais par les Alamans. Après que les Romains aient été repoussés de la frontière du Rhin, ils (les Alamans) issus des peuples d’outre-­‐Rhin, possédèrent un territoire stable dans cette région avant d’être vaincus par les Francs » (8). En 1727, on retrouve chez Louis Laguille, père jésuite, les thèses pseudo-­‐historiques jadis combattues par Obrecht : « Comme cette province est située entre la France et l’Allemagne, elle a toujours été l’objet de l’ambition des plus célèbres conquérants et le théâtre des plus grands exploits de guerre et les plus étonnantes révolutions. César y a donne un grand éclat par la défaite des Allemands (sic) ; Julien & après luy Gratien s’y sont signalés par leurs victoires ; Auguste et quelques empereurs Romains sont venus la visiter ; d’autres y ont basti des forts pour sa défense & tous l’ont successivement confiée à

des généraux, dont Rome estimoit la sagesse & la valeur. Les Barbares l’ont souvent désolée par leurs irruptions. Clovis la fit respirer, chassa les Romains même de cette Province (sic) & après avoir battu les Allemands dans les plaines de Strasbourg, où il ouvrit les yeux aux vérités de l’Evangile, il y établit la domination Françoise » (9) Jean-­‐Daniel Schoepflin, en 1761, ramène les Alamans en Alsace en s’appuyant sur une citation de Sidoine Apollinaire. Dans un panégyrique à l’empereur Avitus, ce dernier rappelle, vers 455, que les Alamans ont été, avant cette date, présents sur les deux rives du Rhin: J. D. Schoepflin « Les Francs battirent les habitants de la Première Germanie et de la Seconde Belgique, et vous Alémans valeureux, vous bûtes les eaux du Rhin sur les frontières des Romains et vous fûtes dans l’un et l’autre pays, citoyens ou vainqueurs ». (10) En 1787, Philippe André Grandidier répond à Schoepflin : « Il est étonnant que Schoepflin n’ait pas senti combien le texte de Sidoine, qu’il citait en sa faveur, lui était contraire et qu’il n’eût pas reconnu en même temps que les Alsaciens sont les descendants, non de ces Allemands (=Alamans) soumis ensuite par les Francs, mais des Francs eux-­‐mêmes, peuple libre et indépendant, qui vinrent dès le cinquième siècle, s’établir dans la première Germanie. L’Alsace paraît même être le berceau de la Monarchie française dans les Gaules et le premier domicile de nos rois ». Là, on est clairement dans un délire propagandiste. Grandidier conclut d’ailleurs en dévoilant ses buts : faire « reconnaître dans les Alsaciens une origine française ». (11) Une polémique qui s’attarde La controverse va durer aussi longtemps que de part d’autre du Rhin, des Etats ou des groupes politiques revendiqueront cette bande de terre entre les Vosges et le fleuve. On continuera à

distordre l’histoire et à argumenter sur la présence ou non des Alamans au Ve siècle. (12) Sous la Révolution, en Alsace, certains textes officiels en allemand parlent carrément de Franken republik, « République des Francs ». On faisait ainsi d’une pierre deux coups, en justifiant des conquêtes à venir (13). La Frankenrepublik. La période du Reichsland Inscription sur l’église correspond à une exacerbation des d’Entzheim chauvinismes. Nous avons montré en d’autres lieux comment la bataille d’Arioviste avait été localisée selon les scénarios écrits par les historiens français ou allemands (14). Ce n’est là qu’un point particulier dans un tableau mêlant ethnographie et politique. Côté allemand, il fallait démontrer que les Alsaciens étaient massivement des Alamans. Voici ce qu’on lit dans un manuel de 1914 : « L’Alsacien descend des Alamans, alors que le Lorrain et l’habitant au nord de la forêt de Haguenau, est d’ascendance franque. Ceci apparaît encore dans la langue (Dialecte), dans la manière de construire les maisons et d’organiser les villages. En effet, les fermes en Alsace comprennent la maison d’habitation, avec le pignon vers la rue, en face d’elle l’étable, au fond de la cour la grange, enfin le long de la rue, le portail de la cour. Les villages sont disposés en arc. En Lorraine, l’habitation, la grange et l’étable sont le plus souvent sous un même toit. Les maisons s’alignent de part et d’autre d’une route rectiligne. Dans certaines zones près de la frontière française, les habitants parlent le français » (15). Côté français, on essaya de prouver que les Alsaciens n’étaient que des Celtes avec un vernis de culture germanique. Cette thèse fut déclinée sur tous les tons. Elle connut une grande diffusion après le retour de la France sur les rives du Rhin en 1918. On

s’attacha à occulter l’époque où l’Alsace avait appartenu au monde germanique. Vaste chantier ! C’est à ce moment que s’illustre un certain Louis Batiffol. Ce Docteur ès Lettres (sic) s’attelle à une tâche ô combien patriotique, démontrer que « L’Alsace, demeurée celte à travers les âges, n’a subi l’ancien Empire germanique qu’en sauvegardant son indépendance dans ses républiques autonomes et s’est retournée vers la France…lorsque l’Empire voulut détruire ses libertés ». La thèse défendue est que rien ne prouve qu’au Ve siècle, l’Alsace ait été ravagée par les Barbares. Et pour cause: on n’a pratiquement pas de documentation sur la période. Selon lui, après les invasions, on retrouve « …un peuple de cultivateurs paisibles, des domaines ruraux, des champs, des vignes, des vergers, des pâturages, tout ce qui atteste une population pacifique, continuant sans trouble, à vivre de son travail agricole. C’est évidemment la même population » (16) Comprenez le message : en 1918, l’Alsace retrouve sa famille naturelle, la Gaule, et son héritière symbolique, la Francie. Il n’y a jamais eu d’Alamans. Avec Batiffol, on est encore dans des considérations historico-­‐ politiques. Avec l’inénarrable abbé Wetterlé, on passe à l’ethno-­‐ graphie, avec ce qu’il faut de xénophobie : « ...je voudrais vous dire ce que sont les Alsaciens. Trop souvent on les confond avec les descendants des races germaniques. Rien n’est plus injustifié. Leur pays a souvent été le théâtre de luttes épiques. Depuis les temps les plus reculés, c’est toujours le long du Rhin que s’exerça la pression des peuplades barbares, qui essayaient d’envahir les riches plaines de la Gaule. Constamment submergée par les hordes étrangères, notre province connut de bien mauvais jours, et de nombreux étrangers vinrent s’y établir. Mais toujours la vieille souche celtique et gallo-­‐romaine poussait de nouveaux rejetons qui étouffaient ces végétations parasites… Toujours le Rhin demeurait la limite naturelle entre la Gaule, devenue la France, et la Germanie, devenue Saint-­‐Empire, et le long du fleuve sacré, qui fut la grande artère de la civilisation latine dans l’antiquité et au

Moyen-­‐Age, les populations de la rive gauche restèrent constamment fidèles aux traditions de leurs ancêtres… » (17). Lorsqu’on voit ensuite les archéologues allemands des années 1940 s’efforcer de démontrer la présence du Deutschtum en Alsace dès l’époque de César, on ne peut s’empêcher de constater qu’ils avaient eu des prédécesseurs. La queue de comète… Cette dispute drolatique ne s’est pas vraiment éteinte après 1945. La période récente mériterait une étude en règle, centrée sur les présupposés politiques des deux bords. Par manque de place, nous nous contenterons de relever quelques traits saillants de la période. Il a longtemps flotté de ce côté du Rhin la peur d’une résurgence germanophile dans l’identité alsacienne. D’où l’insistance sur les a priori idéologiques de l’archéologie allemande. A notre connaissance, il n’y a pas eu le même travail sur l’historiographie française. Dans cette queue de comète des vieilles disputes alémano-­‐ franciques, la toponymie a été lourdement sollicitée. Comment expliquer, par exemple le mot Alsace ? Les thèses en présence nous en apprennent moins sur le sujet que sur les présupposés de leurs auteurs. Un ouvrage récemment publié sur la toponymie locale puise hélas dans les anciens argumentaires de la dispute. Dans le but de contourner les étymologies germaniques, on s’appuie sur des explications « paléo-­‐européennes », qui ne reposent évidemment sur rien. On pourrait s’attendre à trouver du secours du côté de l’archéologie, mais dans les publications disponibles règne un curieux flou artistique. Là où les Allemands parlaient d’alemannisch-­fränkisch, on trouve désormais une « période mérovingienne ». Le terme a un sens historique précis, mais il sert ici à couvrir une sorte de « paix des braves ».

Dans ce contexte, l’archéologie a quand même réussi à régler le problème du caractère germanique ou celtique des fameux Triboques. C’étaient définitivement des Celtes. Reste à expliquer pourquoi les naturels d’entre Vosges et Rhin parlent un dialecte alémanique. La lente disparition sous nos yeux de ce dialecte a très probablement contribué à calmer la controverse. Dans nos atlas historiques, les cartes culturelles se calquent peu à peu sur celles du politique. Pourquoi, alors, continuer de se disputer ? Redde mer nimm devun. Texte et dessin Pierre Jacob Notes (1) H , Frédéric, Psychanalyse de l’Alsace, Alsatia éditions, Guebwiller, OFFET 1994, p. 205-­‐206. (2) S , Bernadette, « Les fouilles archéologiques en Alsace occupée CHNITZLER de 1940 à 1944 », Revue d’Alsace, T. 123, 1997, p. 19-­‐38. p. 24, sur la mission que se fixe l’archéologie allemande dès 1940: montrer que le fond de la population de la Basse-­‐Alsace et de l’Ortenau est germanique. Dans ce but, on chercha à prouver que les Triboques étaient des Germains. A la fin de l’époque nazie, les archéologues reconnurent cependant qu’ils n’avaient pas réussi sur ce point (p. 30). (3) Germania von Iakob Wimpfeling, übersetzt und erläutert von E RNST M . Ein Beitrag zur Frage nach der Nationalität des Elsasses und zur ARTIN Vorgeschichte der Strassburger Universität, Strassburg, 1885. A noter la présentation par l’éditeur ! (4) Z ELLER , Gaston, Comment s’est faite la Réunion de l’Alsace à la France, Paris, 1948., p. 18. (5) B , Guido, La connaissance du Saint-­Empire en France du Baroque et RAUN aux Lumières, 1643-­ 1753, Munich, 2010. (6) Ulrici Obrechti Alsaticarum Rerum Prodromus, Strasbourg, 1681. Le parcours politique d’Ulrich Obrecht et de son père mériterait davantage

d’attention Lui-­‐même s’était formé en droit impérial et en histoire. Ses prises de position en 1681 ne l’ont pas empêché de se convertir au catholicisme et de devenir par la suite un serviteur zélé de Louis XIV à Strasbourg. (7) Vol. I, chap.. 1, Triboccorum nomen Celticum ; an a tribus fagis sit deductum… Triboccorum nomen ..non in his locis natum, verum allatum e Celtica Trans-­Rhenana, Celticum fuisse… « Le nom des Triboques n’est pas né en ces lieux, en réalité, il a été amené depuis la Celtique Transrhénane, il est celtique… ». La seule source antique sur laquelle Obrecht aurait pu s’appuyer était Diodore de Sicile. Sur le caractère celtique des Triboques, voir : Brumath-­Brocomagus, capitale de la cité des Triboques. Musée archéologique de la ville de Strasbourg, 2015. (8) Prodromus p. Obrecht, sur les Alamans : p. 25. …demonstratu facillimum est, Alsatiam non ab Burgundionibus ad Francos pervenisse, sed ab Alemannis, qui post submotos a Rheni limite Romanos e trans Rhenanis gentibus soli stabilem sedem in hac regione habuerunt, antequam a Francis vincerentur. Voir, dans les pages précédentes, comment il explique l’intrusion des Burgondes dans ce scénario. (9)L , Louis, Histoire, Préface. L’auteur confond les Alamans avec les AGUILLE Suèves d’Arioviste, et Clovis avec César Julien. Ce même Clovis bat ensuite les Romains, c’est-­‐à-­‐dire qu’il leur succède. Le message qui émerge de ce salmigondis est simple: les Alamans n’ont jamais réussi à s’implanter en Alsace et l’Allemagne n’a plus aucun droit sur la région. (10) Paneg. In Avitum, Carm. VII, v. 373 : Francus Germanum primum Belgamque secundum, Sternebat, Rhenumque, ferox Alamanne, bibebas, Romanis ripis, et utroque superbus in agro, vel civis vel victor eras. La forme bibebas est bien un imparfait. . (11) Philippe André Grandidier, Histoire ecclésiastique, militaire, civile et littéraire de la province d’Alsace, Strasbourg, 1787, T.1, p. 272. Les historiens allemands ont été les premiers à reconnaître en Grandidier un falsificateur. Cet avis a depuis gagné la rive gauche du Rhin. (12) Dans cette partie de ping-­‐pong, citons : J.F. A , L’Alsace, UFSCHLAGER nouvelle description historique et topographique des deux départements du Rhin, Strasbourg, 1826, p. 89-­‐94 ; E. D , « L’Alsace au Ve siècle était-­‐ ETROYES elle alémane ? », Revue catholique de l’Alsace, 1865, février, p. 62-­‐66. A.

S , « Aelteste Grenzen und Gaue im Elsass », Strassburger Studien, CHRICKER feitschrift für Geschichte, Sprache und Literatur des Elsasses, Bd II, Strasbourg, 1884, p. 305-­‐40O. Sur l’établissement des Alamans, p. 387 – 391. La position est évidemment en contradiction avec celle des historiens français. (13) L , Revue d’Alsace, 1994, p. 131. AMEY (14) Voir notre billet : « Arioviste, une guerre franco -­‐ allemande ». (15) K R., K J., Wiederholungsbuch in den Realien, Strasbourg, 1914, p. IM IM 67. (16) B , Louis, Les Anciennes Républiques alsaciennes, Paris, 1918, p. ATIFFOL 44. (17) Abbé Wetterlé, Ce qu’était l’Alsace Lorraine et ce qu’elle sera, Paris, 1915, p. 172.

8a.

(8a)

Annexe. « Pour la fête de la réunion (on ne parle jamais d’annexion en Alsace, mais de retour ou de réunion !) la cathédrale a été ornée dans le style des pagodes. Des rubans jaunes flottent aux quatre coins, tandis que le drapeau du Céleste Empire a été hissé sur la pointe. La population se presse sur la place Kléber. Pour donner des gages aux vainqueurs les hommes portent la tresse et la robe. Les femmes ont des fleurs dans les cheveux. Du côté de l’Homme de fer, les soldats trainent un malheureux, coupable de menées autonomistes. Il a osé affirmer publiquement que la langue française n’était point une langue étrangère en Alsace. On le pousse vers le tribunal où siègent les commissions d’épuration et de justice. On pense qu’il sera pendu. La foule regarde vers la tribune où siège le général Hou Chou Fou entouré de son état-­‐major et des autorités : le maire et ses adjoints, le recteur de l’Université, les présidents des corps constitués et des sociétés patriotiques de la ville, tous humblement groupés autour du chef et remplis du désir de lui plaire (…) L’Université toute entière ne s’applique-­‐t-­‐elle pas à établir la chinoiserie essentielle des Alsaciens ? Les historiens déclarent que l’histoire de l’Alsace a commencé avec l’établissement d’Attila dans le pays. Ce sont ses hommes qui peuplèrent les campagnes et bâtirent les villes. Le peuple alsacien est mongol dans la proportion de quatre-­‐vingt pour cent. Quant aux linguistes, ils ont pu démontrer une parenté évidente entre le chinois et le dialecte alsacien. Cette parenté n’est pas morphologique mais phonétique. Il paraît que la façon dont se suivent les syllabes non moins que la répétition de certains sons tous les sept mots, révèle une origine thibétaine indiscutable. « L’Alsacien, enseigne-­‐t-­‐on, a sans doute quelque parenté avec les langues germaniques dont il a subi l’influence. Dans son essence, cependant, c’est un parler mongol. Le moule même de ce langage « ce quelque chose qui dans tout idiome est antérieur à sa forme », est chinois ». Cependant les anthropologues ne se laissent pas devancer par les linguistes. Comme il est de coutume en Alsace, ils procèdent à des mensurations de crânes. Ils ont étudié en particulier celui de Kléber, dont la statue reproduit les proportions exactes. Il a été établi que

celui est du type brachycéphalo-­‐mandchou le plus pur. Des examens semblables, effectués sur le vif, confirment ces conclusions. Peut-­‐on ne pas être convaincu quand on songe aux yeux bridés des jeunes filles et à ce je ne sais quoi d’oriental dans les gestes de l’amour chez les femmes…». (1)