L’antique Brumath sur la Table de Peutinger : Un peu de toponymie aux origines de BrocomagVs es Triboques, peuplade celtique installée en Basse-Alsace L dans la première moitié du Ier siècle avant notre ère, puis devenus une cité, avaient pour chef-lieu Brumath. Cette dernière s’appelait alors Brocomagus. Nous nous proposons ici d’étudier le sens et l’origine de ce nom. Ce que disent les sources Ce toponyme apparaît dans les textes d’époque impériale et médiévale, sous des formes légèrement différentes: Epoque romaine: PTOLEMEE, Géographie, II, 9,9: Brôkomagos, var. Breukomagos (IIe siècle apr. J.-C.). Itinéraire Antonin, 253,1: Brocomago (IIIe siècle)

Borne de Kauffenheim: Vro(comago) (251). La seule occurence en épigraphie. Table de Peutinger, 2,3: Brocomacus (Entre Ier et IVe s.) AMMIEN MARCELLIN, XVI, 2,12: Brotomagus (IVe s.) Epoque carolingienne et médiévale 770: Bruocmagad; 771: Brohmagad; 772: Brocmagad; 816: Bruomagado ; 883: Bruochmagat; 953: Pruomat; 1165: Brumat. (1) Les formes successives du toponyme, telles qu’elles apparaissent dans les sources, s’expliquent aisément par les erreurs des copistes successifs. La variante Brocomagus utilisée actuellement résulte d’une restitution (2). Sur la borne de Kauffenheim, datable de 251, on trouve civitas Tribocorum, à côté de Vro(comagus). Pour B. Schnitzler, la disparition de cette unité administrative re`lète le recentrage des pouvoirs militaires et politiques sur Strasbourg-Argentoratum (3). Magus: champ ou marché ? Le toponyme Brocomagus se décompose en broco- et magus. Commençons par le second élément, qui présente le moins de dif`icultés. On admet entre spécialistes qu’il est dérivé du celtique magos et qu’il a signi`ié « champ », puis « marché » (4). Il se trouve que le celtique avait un autre mot pour un marché: duron, dont le sens premier était « porte », et qui a `ini par désigner un marché doté de portes, donc enclos. Pensons à l’ancien nom de Mandeure, Epomanduodurum, « marché des petits chevaux » ou Octodurus, « marché d’hiver ». Par contraste, il faudrait donc se représenter un magos comme un terrain ouvert, servant périodiquement de marché, de champ de foire (5). Notons aussi que la dernière occurence antique de Brocomagus se place au milieu du IVe s. Suit un silence documentaire, puis, au VIIe - VIIIe siècle, le toponyme ressurgit sous la forme Bruocmagad, ce qui suggère une étymologie celtique magetton, « petit marché » (6) Le passage de magos à magetton a dû se situer dans l’Antiquité tardive, mais à un moment où on parlait encore le celtique. Il pourrait en tout cas traduire sur place une réduction des échanges (7). Une grande famille L’élément broco- sert à caractériser ce champ ou ce marché. Une manière simple d’en cerner le sens consiste à rassembler un maxi-

mum de toponymes construits sur magos, puis d’examiner les éléments qui lui sont habituellement associés. Ces noms de lieux peuvent être classés en quatre catégories: 1). Les cas de type « lieu-dit », où magus a gardé son sens ancien de « champ» ou « terrain ». Ils ont survécu en devenant les noms de villes ou de bourgades: Biliomagos (Billom, Puy-de-Dôme),«champ de l’arbre»; Catumagus (Caen), « lieu de la bataille». Lintomagus, (près de Boulogne), «champ de l’étang». Odomagos, Nesles, Aisne) « champ qui pue » (!). Rotomagus (Rouen), « champ de courses ». Sparnomagus, (Epernon, Eure et Loir), « champ d’aubépine ». Turnomagus (Tournon, Indre), « champ de la falaise ». Vernomagos (Vernon, Eure), « champ des aulnes ». Viromagus (canton de Vaud), « champ de l’aurochs (?) ». 2). Les toponymes, abondants, dans lesquels magus désigne clairement un marché, caractérisé par les produits vendus, sa taille, son ancienneté, sa localisation ou un élément remarquable du paysage. On est toujours dans un contexte indigène: Argentomagus (Saint Marcel près de Châteauroux), « marché de l’argent ». Blatomagos (Blond, Haute-Vienne), «marché de la farine». Bodincomagus, « marché du Bodincos= Pô » Bonomagus, chez les Cavares, « marché du village ? » Borbetomagus (Worms), «marché de la Borbeto ». Cassinomagus (Chasenon, Charente), «marché du chêne». Caturigomagus, (Hautes-Alpes), « marché des Caturiges ». Eburomagus (Bram, Aude), « marché de l’if »; Gabromagus (Norique), « marché aux chèvres ». Iciomagus (Usson-en-Forez, Loire), « marché de la pointe ». Mantalomagus (Manthelan, Indre-et-Loire), « marché près de la route ». Marcomagus (Görresburg, Eifel), « marché de la frontière ». Mosomagus, (Mouzon), « marché sur la Meuse ». Noviomagus (Neumagen), « nouveau marché ». Ritumagos (Radepont, Eure), « marché du gué ». Senomagus (près de Bollène), « vieux marché ».

3). Les hybrides romano-celtiques. Après la conquête romaine, on a eu des fondations de villes, ou la promotion de villes existantes. Parmi les toponymes issus de ce processus on en trouve une série associant un élément magus au nom d’un romain qui peut être le fondateur ou le promoteur. Augustomagus (Senlis), « marché d’Auguste ». Caesaromagus (Beauvais), « marché de César ». Claudiomagus (Clion-sur-Seugne), « marché de Claude » Drusomagus (Sion), « marché de Drusus ». Juliomagus (Angers), « marché de Jules ». Neriomagus (Neris-les-Bains, Allier), « marché de Nerius » 4). On a en`in une petite série construite sur le nom d’un personnage celtique, mais où on ne peut trancher entre le champ ou le marché: Bardomagus vicus (près de Milan), «champ/marché du barde ». Carantomagus (Cranto, Aveyron), «champ de Carantos». Durnomagus (Dor-magen), « champ de Durnos » Escingomagus, Exilles, près de Turin, « champ d’Escingos » Rigomagus (Remagen), «champ/marché du roi » (8). Dans cette liste non exhaustive, magus apparaît avec ses deux sens, « champ » et « marché ». Mais aussi, associés à lui, toutes sortes d’éléments permettant de le caractériser: nom du propriétaire, plantes, ancienneté, localisation ou produits vendus. C’est dans cette galerie que l’on devrait trouver le sens de broco. La piste indigène Broco- a bien existé dans la langue celtique. Il signi`iait « blaireau », mais c’était également le nom ou le surnom d’une personne. Il a survécu en breton, gallois et vieil irlandais, sous la forme broch ou brocc. (9). Alfred Holder a jadis relevé dans l’épigraphie romaine une série de Broccus, Brocchus, Brocchius ou Brochia portés par des hommes et des femmes, ainsi que des formes dérivées comme Brochilo, Brocina ou Brocagnos (10). Que peut-on en tirer ? César, dans sa Guerre des Gaules, a surtout transmis des noms et des titres d’aristocrates, généralement `latteurs (11). Après la conquête, l’épigraphie nous livre une foule de noms et de surnoms souvent pittoresques portés par le reste de la population. De-

lamarre relève ainsi Cunopennos, « tête de loup », Verbronara, « Gros-Têtons », Medusagios, « amateur d’hydromel », Vissulanios, « plein de savoir », Gurmisagios, « chercheur de bière ». Dans l’onomastique triboque, on trouve de même Egileios, « hérisson », Burrius, « gros », Conteddios, « chaleureux », Carantos « aimable », Cattos « chat » (12). En principe, un surnom tel que Broccus, « blaireau » devrait trouver sa place dans une telle liste. Comme nom d’un animal ou d’un être humain, il `igure également dans des toponymes. En Angleterre, on a Brocavo (Brougham, Cumberland) et Brocolitia (Carrawburgh, mur d’Hadrien) « terre des blaireaux » (13). En Alsace même, signalons, à 8 km de Brumath, l’ancien nom de Weitbruch, Vviccobrocho, qui semble associer Vicus (bourg) à un brocchus (14). Si l’on conserve à magos son sens ancien, Brocomagus pourrait simplement signi`ier « champ aux blaireaux » ou « champ de Brocos ». Il s’agirait alors d’un lieu-dit antérieur au développement du Brumath romain. Qu’il se soit conservé dans le nom de ce dernier ne devrait pas surprendre. Cambete (aujourd’hui Kembs) était dérivé de cambon, « méandre », de même Olino. (P.ê. Biesheim) « sur le coude » (15). Dans cette hypothèse, on serait encore dans un contexte rural, ce qui est également suggéré par le nom-même de la population indigène: Tribocci, en dépit de César et de Pline, est parfaitement celtique et signi`ie « ceux des villages », en clair ceux installés dans les villages de Médiomatriques, après leur arrivée sur la rive gauche du Rhin (16). Brocus: un Romain ? Nous sommes en principe devant une piste, selon laquelle broco- est un nom de personne d’époque romaine et Broco/magus a été construit sur le modèle Julio/magus, Bruto/briga, Augusto/ dunum. Des Romains de souche ou des Celtes romanisés ont effectivement porté brocchus comme surnom, et A. Holder en relève toute une série (17). Retenons simplement Gaius Annaeus Brocchus, sénateur en 73 avant n.è.. Ou, en 63 avant J.-C, le magistrat monétaire Lucius Furius Brochus. Ou encore Gaius Sertorius Brocchus, proconsul sous Claude. Sous Néron, on a Lucius Julius Brocchus, originaire de Genève, tribun des soldats de la VIIIe légion. En`in, à la `in du Ier siècle, Aelius Brocchus, commandant d’un fort sur le mur d’Hadrien.

On sait que les citoyens portaient « trois noms » ou tria nomina. Dans le cas de Gaius Annaeus Brocchus, Gaius est le prénom, Annaeus le nom de la famille. Il s’ajoute un surnom - ici Brocchus-, destiné à distinguer des homonymes, par une particularité, qui peut être physique. En latin, un brocchus est une personne dont la bouche avance, ou dont les dents sont proéminentes (18). Monnaie de Lucius Furius Brocchus, duumvir monetalis en 63 av. J.-C. Le cognomen Brocchus apparaît dans plusieurs familles de l’aristocratie romaine. Il pourrait être d’origine celtique Broccus, ou une variante, apparaît comme surnom chez des Romains de vieille souche, ou chez des Celtes devenus citoyens romains et ayant conservé de cette manière une trace de leur ancienne onomastique (19). La ressemblance entre les deux formes a été signalée depuis longtemps et expliquée par un emprunt au celtique par le latin (20). On pourrait trouver curieux qu’à l’ époque romaine, ce surnom, peu `latteur en latin comme en celtique, se conserve dans le toponyme Brocomagus. Il n’est pourtant pas le seul: il y avait en Espagne une Brutobriga, une « forteresse de Brutus », et cela ne semble pas avoir posé de problème aux Celtibères, alors que Brutus est un cognomen signi`iant « lourdaud, brutal » voire « stupide » (21). Au total, Brocomagus peut avoir tiré son nom d’un terrain ou d’un marché, possédé ou offert par un Romain de souche ou un Celte romanisé portant ce cognomen pour le moins pittoresque. Ce Broccus romain que nous essayons de cerner évoluait dans un contexte local marqué par une forte présence de l’armée. Argentoratum était à 15 km à peine et Brumath jouait un rôle important dans l’approvisionnement des troupes. (22). On pourrait, dans ce milieu, imaginer un commerçant romain installé sur place. Pensons à Marcus Attonius, citoyen triboque négociant en produits alimentaires, mort à Lyon, mais qui pourrait avoir débuté sa carrière entre Brocomagus et Argentoratum (23). Les troupes étaient présentes physiquement: J.C. Goepp a étudié pas moins de 9 camps d’exercice à Brumath, ce qui conforte

l’idée de l’existence sous la ville, d’un camp d’époque augustéenne dont des traces ont peut-être été détectées place Victor Fischer (24). Dans ce contexte, on devrait pouvoir s’attendre à la présence de vétérans, un peu comme à Koenigshoffen, l’ancien quartier commerçant qui s’était développé à la sortie ouest du camp d’Argentoratum (25). On en a des traces à Brumath, sous la forme d’un mausolée du type de celui de Valerius Rufus de Koenigshoffen et datable du début du Ier siècle (26). La question qui reste ouverte est celle de la relation du Brocchus romain ou indigène au cadastre local, puis du cheminement qui mène au toponyme Brocomagus. On pourrait imaginer l’installation sur le terrain de ce Brocchus d’un camp romain qui aurait ensuite donné naissance au vicus. Mais on reste dans la pure hypothèse. Brocus de Milan Sans prétendre avoir touché au but, on peut certainement ici verser au dossier un monument conservé au Musée Archéologique de Strasbourg, datable du début du Principat et dédié à la famille des Babulei. Le personnage central en est un légionnaire, Tiberius Babuleius Garrulus, littéralement « le pinson, le bavard », de la tribu Oufentina et originaire de Mediolanum (Milan). Son service dans la IIe légion permet de dater sa mort entre 17 et 42 de n.è. Il serait donc né au début du règne d’Auguste. Or, son père, également mentionné, et apparemment installé à Argentoratum, s’appelait Tiberius Babuleius Brocus (27). Détail du monument des Babulei. Musée Archéologique de Strasbourg. Serait-on - divine surprise ! - en présence du Brocus tant recherché? Certes, il est datable de l’époque où ont lieu les premiers aménagements à Brumath. Il est par ailleurs originaire de Mediolanum, ville de l’Italie du nord à tradition celtique. S’agitil alors d’un Celte, devenu citoyen, qui aurait conservé son ancien

nom comme cognomen ? Etait-il à Argentoratum comme militaire ou comme commerçant ? Si c’est notre homme, était-il propriétaire d’un champ qu’on a ensuite employé pour faire fonctionner un marché ? Autant de nouvelles questions sans réponse. Les sources disponibles ne permettent pas, en effet, d’aller plus loin. En `in de compte, c’est l’archéologie qui aura le dernier mot. Pierre Jacob Pierre.jacob49@aol.fr Notes (1) SCHNITZLER, B., Brumath - Brocomagus, capitale de la cité des Triboques, Strasbourg, 2015, p. 75. Egalement SCHRICKER, A., « Aelteste Grenzen und Gaue im Elsass: Ein Beitrag zur Urgeschichte des Landes », Strassburger Studien, vol. II, Strasbourg, 1884, p. 305-402 (p. 353). HOLDER, A., Alt-celtischer Sprachschatz, Leipzig, 1904, vol.II, art. « brocomagos », p. 619. (2) Ainsi l’étrange Breukomagos de Ptolémée. A noter aussi l’apparition d’une variante en -magad, cf. note 6 (3) SCHNITZLER, B., op. cit. p. 84. (4) HOLDER, A, Vol. II, début de l’art. « magos » , p. 384; LOTH, J., JULLIAN,C., « Le gaulois Turno dans les noms de lieux », Revue des Etudes anciennes, 1921, 23-2, p. 111-116 (p. 111). DELAMARRE, X., Dictionnaire de la langue gauloise, Paris, 2003, p. 213.

(5) DELAMARRE, p. 156, art. « duron ». HOLDER, vol. I, art « duron », traduisait par « Festung ». En breton, les dérivés de magos ont conservé leur sens de « champ non clos ». HOLDER, vol. II, p. 384. (6) DELAMARRE, p. 213. Ce magetton apparaît aussi dans Admagetobriga, endroit où Arioviste a battu une coalition gauloise vers 60 av. J.-C. (7). FLOTTE, P. et alii, « Les occupations de l’Antiquité tardive», Brocomagus-Brumath, p. 128-130 (8) HOLDER, A., vol. II, art. « magos » 384-385. DELAMARRE, Dictionnaire, art. « magos », p. 213. (9) DELAMARRE, art. « broccos »p. 90. (10) HOLDER, vol. II, 617-619. (11) Ainsi Vercingetorix, « chef suprême des combattants », Cassivelaunos, « chef d’airain », Orgetorix, « roi des tueurs », Eporedorix, « chef de la charrerie », etc. (12) Les noms du commun: DELAMARRE, p. 355 suiv., les noms de personnes. Groupes sémantiques, p. 429: défauts, maladies, qualités. WEISS, N., « Etude onomastique des blocs inscrits gallo-romains de Tabernis - Tres Tabernae et de ses environs », p. 1 - 42 (p. 14 suiv.), https://www.academia.edu/Documents/in/Gallo-Roman_Onomastics (13) DELAMARRE, p. 92 mentionne les toponymes Brocavum et Brocolitia, « lieu à blaireaux », mais préfère voir dans Broccus un nom de personne. HOLDER, donne une variante Procolitia, vol. II, 1047 (14) SCHRICKER, Aelteste Grenzen, p. 348. Cette forme du toponyme date de 753. Elle a ensuite été réinterprétée et germanisée, mais a acquis un nouveau sens: « le grand défrichement ». Contrairement à Saletio> Seltz et Brocomagus> Brumath, Brisiacum> Breisach qui se fossilisent sans acquérir un nouveau sens. (15) DELAMARRE, art. « Cambo » , p. 99-100; art. « Olino », p. 240. Borne de Pinarius Clemens, moulage au Musée Archéologique de Strasbourg. (16) Cf HOLDER, vol. I, 268 suiv.: Atreba, Atrebates. 1109: Contrebia, En vol. II, 1941, décompose notre ethnique en Tri-boci. DELAMARRE, p. 300, art. « treb- ». JACOB, P., « A propos des Triboques », Société d’Histoire

et d’Archéologie de Brumath et Environs, n°50, 2022, p. 104-109 (p. 105). (17) HOLDER, vol. I, p. 617-619 (18) PLINE, XI, 159, Labra, a quibus Brocchi, Labeones dicti et os probum duriusve animal generantibus; VARRON, De re rustica, II,7,3: dentes brochi ; II, 9, 3: brocchis; Il utilise brocchus pour les dents ou les personnes. NONIUS: livre I, ad verb.: producto ore dentibus prominentibus; LUCILIUS III, Broncus Bovillanus dente adverso eminulo, hic est rinoceros. Autres surnoms de ce genre: paetus, « légèrement louche », crassus « gras », quadratus « carré », rufus « roux ». (19) Dans l’entourage de César, on trouve un Caius Valerius Procillus, (Bell Gall., I, 47). S’agit-il d’un dérivé de Broccus ? Cf., chez HOLDER , vol. I, 617: Brocchilo, Brocchi f(ilius) et, en 618: Fabia Brocilla. Aussi, en vol. II, 1047, la variante Procolitia pour le toponyme Brocolitia. (20) Sur brocchus, emprunt au celtique: DELAMARRE, art. « broccos », p. 90. Les Romains ont de même emprunté les mots carpentarium, leuca, sagum, gladios, carrus, cammanos, etc (21) GAFFIOT, F., Dictionnaire illustré latin-français, Paris, 1934, art. « brutus », p. 229 (22) SCHNITZLER, Brocomagus-Brumath, p. 83 suiv. (23) JACOB, P., « Marcus Attonius , marchand triboque », Société d’Histoire et d’Archéologie de Brumath et environs, n°49, déc. 2021, p. 12-15 (p.14) (24) SCHNITZLER, Brocomagus-Brumath, p. 58-59. Aussi celui de Lampertheim, détruit puis reconstruit, ce qui montre qu’il s’agit d’un camp d’exercice. BSR Alsace, 1999, p. 26-27. Toute garnison devait s’exercer à la marche et à la construction de camps. (25) KERN, E. "Koenigshoffen, le vicus/le faubourg", -12. Aux origines de Strasbourg, Musées de la Ville de Strasbourg, 1988 ; "Strasbourg- Koenigshoffen (Bas-Rhin) ", Atlas des agglomérations secondaires de la Gaule Belgique et des Germanies, Actes du colloque de Bliesbruck- Beinheim/Bitche, 1992, Errances, 1994; "Strasbourg-Koenigshoffen ", Bilan scientiYique du service régional de l'archéologie, 1991 et suivants. (26) BLIN, S., « Monuments funéraires et mausolées de Brumath », Brumath-Brocomagus, p. 211 suiv.; SCHNITZLER, B., SCHMITT, A., « Un

exceptionnel monument gallo-romain entre dans les collections du musée archéologique de Strasbourg », Revue des Musées de France- Revue du Louvre, 4-2005, p. 29-35 (27) CIL, XIII, 05976. SCHNITZLER, Cinq siècles de civilisation romaine en Alsace, Strasbourg 1996. p. 99. Panneau gauche : Ti[b]erius / Babuleius / Garrulus / Tib(e)ri (`ilius) Ofent(ina tribu) / Medioleanio (sic) / mil(es) [l]eg(ionis) II (centuriae) / Scaevae Petr(oni ?) / an(n)o(rum) XXXXV / s[t]ip(endiorum) XXII / h(ic) s(itus) e(st). Panneau droit : Pater Tib[er] / ius Babul[eius] / Brocus / materi Pupa(e) / et sorori Pri[s]ca(e). Tiberius / Babuleius Albanus / lib(ertus) (h)eres ex test(amento) / faci(endum) qura(vit).