L’entrée des Allemands à Strasbourg (28 septembre 1870) « Notre régiment avait été choisi pour faire l’entrée par la Porte des Pêcheurs. (…) A 10 heures 30, les bataillons se rassemblèrent avec tout leur équipement, concrètement des casques qu’on avait mis de côté le 18 août, et qu’on redistribuait aux aurores, à l’Orangerie. Les ouvriers venaient de déblayer les barricades au Pont des Quatre Piliers. Le commandant du régiment fit une courte allocution où il insista sur la signification de ce jour pour nous et pour toute l’Allemagne. Cette allocution fut accueillie par un Hoch ! enthousiaste en l’honneur du chef suprême de l’armée. Puis, après avoir déroulé les drapeaux, on se mit en marche vers la ville. La compagnie de la Landwehr qui occupait la Porte des Pêcheurs avait fait savoir que la populace s’apprêtait à prendre d’assaut l’arsenal et les casernes. Les deux premières compagnies du régiment furent donc immédiatement mises en marche, au pas accéléré, pour aller protéger des infrastructures menacées, devenues allemandes du fait de la capitulation. A l’arrivée des compagnies, les pillards se dispersèrent immédiatement, alors qu’ils avaient déjà sévi gravement aux Subsistances, à la caserne Saint Nicolas, au Kuppelhof (Caserne provisoire du 16. Régiment) et dans la caserne Austerlitz. Comme c’était émouvant de parcourir en plein jour par des routes ouvertes des itinéraires et des lieux, où jusque là on ne s’était glissé qu’à la faveur de la nuit et après avoir pris toutes les dispositions réglementaires. Beaucoup de ce qui dans le noir ou de loin avait revêtu des formes étranges, nous apparaissait à présent complètement différent. Entre la ville et le Loewenburg, les grands platanes bordant l’Allée des Pêcheurs avaient été abattus et couchés en travers de la route, afin de la rendre impraticable pour de grandes unités. Pratiquement tous ces géants avaient été correctement poussés sur le côté, de sorte que notre progression put se faire sans rencontrer d’obstacle. Les maisons de part et d’autre de la route présentaient déjà de nombreuses traces de dégâts, ce qui ne retint pas particulièrement notre attention, habitués comme nous l’étions depuis Bischheim et Schiltigheim. Les becs de gaz avaient particulièrement souffert : ils adoptaient le long de la route les positions les plus étranges. Impossible de savoir si c’était le fruit du hasard ou d’une action délibérée. Le 28 septembre 1870, sur le coup de 11 heures, le régiment fit son entrée par la Porte des Pêcheurs, en fanfare, et les drapeaux flottant au vent. Le spectacle de dévastation qui s’offrit à nous dès que nous eûmes pénétré dans la ville proprement dite, dépassa tout ce que nous attendions, et tout ce que nous étions habitués à voir à l’extérieur. Dans les premières maisons du quai des Pêcheurs, les façades étaient défoncées sur toute leur hauteur, de sorte que toutes les chambres s’offraient au regard. On pouvait reconnaître à leur contenu en partie intact, que les habitants les avaient quittées en toute hâte. Ces maisons, bien que tournant le dos au front d’attaque, avaient été victimes d’obus destinés aux écluses 162 et 161 sur la rive gauche de l’Ill, en retrait du Pont Royal, mais qui étaient allés trop loin. Les plafonds entre les étages étaient partiellement privés des murs porteurs, de sorte que les bâtiments, pratiquement au bord de l’effondrement, penchaient dangereusement audessus de la route. Ailleurs, les traces du bombardement n’étaient que faiblement visibles. Il y avait du monde aux fenêtres de part et d’autre du quai, mais les volets le plus souvent miclos. Malgré leur curiosité, et pour rendre hommage au malheur de la ville, les dames portaient sans exception des habits noirs, du moins celles que nous pouvions apercevoir.
Le spectacle devint plus multicolore lorsque nous empruntâmes le quai des Bateliers et passâmes à la hauteur du château Rohan (la bibliothèque), qui avait apparemment servi d’hôpital militaire. Par toutes les fenêtres et depuis la cour resplendissaient les couleurs vives des uniformes français, dont les porteurs, souvent appuyés sur des béquilles ou avec d’autres blessures, observaient avec curiosité notre progression. Cette dernière s’était faite sans obstacle jusqu’au quai du Corbeau, bien que la population civile, mêlée à quelques soldats, se pressait sur les trottoirs étroits. Mais à cet endroit, notre marche croisa la queue en plein désordre des troupes françaises. Elles se montraient sourdes aux injonctions de quelques officiers qui tentaient de rétablir l’ordre, honteux devant les troupes du vainqueur, qui se tenaient là, sérieuses, silencieuses et l’arme au pied. C’est ainsi que, bruyantes et ivres, elles poursuivaient leur marche en direction de la Porte de la Tour Blanche. Le régiment dut observer un long arrêt. Il fut le témoin silencieux du comportement peu digne d’un ennemi, qui avait jusque-là fait preuve d’une capacité de résistance qui aurait pu laisser prévoir une cohérence supérieure. L’impression que laissa par contre l’entrée des troupes allemandes est reflétée de manière neutre dans le dernier numéro de l’Impartial du Rhin du 28 septembre 1870 (…). On pouvait y lire : « Les troupes ennemies progressaient par-dessus les armes brisées, musique en tête, dans un ordre, une précision qu’on ne peut qu’admirer, malgré notre révolte intérieure et la répulsion dont déborde en cet instant le cœur de tout Français. Dans le comportement de nos vainqueurs, aucune vantardise, aucune démonstration blessante, pas de cri provocateur ! Ils se réjouissent de leur triomphe, mais cette joie ne s’est manifestée que par un triple hourrah au passage de la Porte. A partir de ce moment, il y a eu une retenue qu’on ne peut que reconnaître ». Après les derniers traînards, les rangs du public se refermèrent. Sa curiosité se partageait entre les défenseurs qui se retiraient et les troupes allemandes qui arrivaient. Le régiment put alors reprendre sa marche vers sa destination, la place Kléber. A partir du pont du Corbeau et le long de la rue du Vieux-Marché-au-Poisson, le sol était tellement jonché d’armes brisées et jetées là, que malgré la musique militaire, il ne fut plus possible de marcher au pas. Ici aussi, il y avait du monde à toutes les fenêtres et même aux
chiens-assis. Ici, la curiosité le disputait au deuil. Malgré les mouchoirs, on regardait le vainqueur qui arrivait. Le public qui se pressait dans les rues s’attachait d’ailleurs, maintenant encore, et à la différence des troupes qui se retiraient, à garder une attitude tout à fait correcte, à mettre sur le compte du respect envers le vainqueur. Les blindages, en fait des abris, avaient été posés obliquement contre les façades de la plupart des maisons afin de protéger les passants. Ils étaient constitués de madriers, qui de cette manière offraient au moins une protection efficace contre les éclats d’obus. Une heure un quart s’était écoulée depuis la rue du Vieux-Marché-au-Poisson. Nous parvînmes enfin à la place Kléber. Au milieu de cet espace désert, flanqué à droite par le bâtiment totalement réduit en cendre de l’Aubette, se dressait la statue du général Kléber, à qui un plaisantin avait posé un chassepot sur le bras droit. Les trois bataillons du régiment étaient alignés en fer à cheval et attendaient de nouvelles instructions. Pendant ce temps, à la Porte Nationale, on déposait les armes et les prisonniers étaient emmenés. Les armes furent mises en faisceau, mais les hommes restèrent à proximité de leurs fusils, de manière à parer à toute surprise. Nous sommes restés ainsi près d’une heure, entourés d’un essaim de badauds. Ces derniers, en raison de l’attitude calme de nos gens, regagnèrent en confiance et retrouvèrent leur audace native. Ils se montrèrent non seulement curieux et se pressaient pour poser des questions à tous ceux qui acceptaient de répondre, mais aussi, pour certains exemplaires, se hasardèrent à se frotter aux troupes étrangères. Soudain, un ordre : Aux armes ! mit fin à tout cela. L’exécution sans faille de cet ordre et de tous ceux qui suivirent, calma les plus insolents de ces hâbleurs. En effet, des informations étaient arrivées de différents quartiers de Strasbourg: un nombre non négligeable de soldats français, indisciplinés et le plus souvent ivres, s’étaient dispersés dans la ville au lieu de se rendre à la Porte Nationale, comme il avait été ordonné. Ils représentaient une menace non seulement pour les unités allemandes isolées, mais pour les habitants eux-mêmes. Pour mettre fin à ce comportement contraire aux dispositions de la capitulation et pour empêcher des dérapages plus graves, il fallait envoyer dans toutes les directions des patrouilles constituées de compagnies entières, avec la mission de rabattre vers la porte Nationale tout ce qui, sur la voie publique, portait l’uniforme français. Si nécessaire par la force. Notre compagnie se vit particulièrement confier le nettoyage de la Rue-du-Jeu-des Enfants, du Vieux-Marché-au-Vin, ainsi que du Quai de Paris et du Quai Desaix. Cela représentait au moins un petit dérivatif au milieu de cette attente. Une demi-compagnie fut envoyée dans la rue du Jeu-des-Enfants, sur le quai de Paris et le quai Desaix, relativement vides. Le reste de l’unité progressa en ligne sur tout le Vieux- Marché-au-Vin. On descendit la rue au pas, comme un balai d’acier, qui repoussait en douceur tout ce qu’il trouvait en face de lui. Tous les hommes en uniforme qui voulaient s’échapper à gauche ou à droite, étaient arrêtés. On les interpellait : Holà camarade ! et on les remettait dans le troupeau. Quant aux civils présents, on les laissait se recroqueviller où ils voulaient. Mais il n’était pas question de revenir en arrière. A l’entrée de la Grand’rue, il y eut un petit embouteillage. En effet, venant de cette dernière, une masse humaine poussée par derrière se déversait en direction du pont et croisait à cet endroit nos propres « protégés ». Une légère poussée, parfois avec un peu d’insistance, suffit ici pour unir les deux flux en une masse unique, bien que pas toujours paisible.
L’arrivée au pont, dont l’étroitesse ralentit le mouvement, donna l’occasion à tous ceux qui possédaient encore une arme de s’en débarrasser, avec des postures théâtrales, de sorte qu’il y eut bientôt un amoncellement de chassepots, de yatagans, etc, qui dépassait le niveau de l’eau. Comme nous avions rempli notre mission, qui était de garder le passage du pont côté Grand’rue, et n’avions pas d’autres instructions, nous restâmes spectateurs de cette scène peu réjouissante pour l’œil d’un soldat. Du reste, ces signes d’indiscipline s’étaient déjà manifestés avant la capitulation, et n’avaient pas joué un rôle négligeable dans la décision du commandant de proposer la capitulation. Non seulement des unités de la garnison s’étaient à plusieurs reprises livrées au pillage, aux côtés de la lie de la population, on apprit aussi que des soldats s’étaient procuré des habits civils, pour pouvoir tranquillement se livrer à leur convoitise, et disparaître au moment de l’assaut. Oui, le chef de l’artillerie, le colonel Belu reconnaît franchement dans une lettre au commandant Uhrich : « On a vu de ces fuyards de Woerth, de ces soldats qui se cachaient pour boire et voler, finalement au moment de la capitulation briser leurs armes dont ils ne s’étaient pas servis » (Uhrich, Documents, etc, p. 179 ). Au milieu de ces troupes qui se retiraient, se trouvaient, ça et là, quelques officiers français. Ils ne participaient pas aux excès des soldats, ils ne sympathisaient pas et se trouvaient vraisemblablement impuissants. Nos relations avec eux étaient « sous zéro », c’est-à-dire que nous les ignorions totalement. Et cela après que nous ayons à plusieurs reprises et d’une manière prévenante essayé, comme en 1866, de nous saluer comme des camarades et des gentlemen, pour donner à reconnaître, qu’on s’est mesurés dans un combat à la loyale. Ces tentatives n’avaient rencontré aucune compréhension et étaient restées sans réponse. Je fus d’autant plus étonné d’être soudain abordé et très poliment salué par un officier des hussards d’un certain âge. Il s’ensuivit une conversation en deux langues, dont il ressortit que ce monsieur avait fait la connaissance d’un camarade de régiment, blessé le 2 septembre au Contades, fait prisonnier puis échangé. Il avait à présent reconnu mon numéro de régiment, et demandait des nouvelles. Après quelques formules de politesse, dans lesquelles chacun s’efforçait de maîtriser la langue de l’autre, nos chemins se séparèrent. La technique du « balai d’acier » semblait avoir eu l’effet escompté : les maraudeurs se faisaient de plus en plus rares, de sorte que nous pûmes revenir vers la place de rassemblement, en laissant derrière nous une petite section. A notre arrivée, vers 5 heures, on nous apprit que notre bataillon serait cantonné dans les environs immédiats de la place Kléber. Dans chaque compagnie, un officier serait chargé de recevoir les instructions correspondantes. C’est moi que le chef de compagnie choisit. Sur le plan de Strasbourg, la zone qui nous était attribuée était celle, vue depuis la place Kléber, sur le côté droit des Grandes Arcades, le Vieux Marché aux Blés et jusqu’à la rue de la Lanterne. Je me mis en route avec les caporaux, et répartis les maisons sommairement d’après la taille et le nombre des fenêtres. Je demandai qu’on me signale immédiatement les différends qui pouvaient surgir avec les hôtes involontaires, ou les difficultés dans le logement des personnels, à qui on rappela la nécessité d’un comportement correct avec des gens momentanément dans la gêne. Moimême, je me rendis aux maisons les plus prometteuses sous les Grandes Arcades, afin de m’occuper du logement des officiers. C’était un sentiment particulier de s’introduire dans les maisons sans y être invité, avec la conscience de s’imposer comme hôte, comme visiteur non souhaité, pratiquement comme pour une perquisition. Ce n’est que bien plus tard, avec la répétition de l’expérience de terrain, que j’ai perdu ces réactions éduquées. Sur le moment, elles étaient encore très présentes, et c’est bien timidement que je tirai la sonnette d’un premier étage. Un être
féminin – une servante ou un esprit supérieur ? – apparut au bout d’un moment mais disparut avec un cri dès qu’il vit mon uniforme : il était vers 6 heures, et la pénombre régnait dans l’escalier. Il y eut une conversation animée avec un interlocuteur invisible, puis la porte s’ouvrit enfin, et m’apparut un monsieur d’un certain âge. Je lui expliquai que je devais trouver du cantonnement pour un ou plusieurs officiers. Il m’emmena alors poliment dans une pièce garnie de grands rayonnages à livres, où il me fit comprendre qu’il était un vieillard, que sa femme était malade, et qu’il n’avait absolument pas de place pour un officier, encore moins pour plusieurs. Que pouvais-je faire, comme homme civilisé ? Exprimer mes regrets, m’excuser pour avoir dérangé. La situation était pénible. Devais-je aller de maison en maison, d’étage en étage, me laisser mettre à la porte avec la même politesse, où m’imposer sans état d’âme, comme j’en avais le droit ? A l’époque du moins, les deux alternatives m’étaient insupportables. Je chargeai donc un sous-officier expérimenté, d’inspecter les maisons désignées par moi pour le cantonnement d’officiers, puis de me faire un rapport. Ensuite, sur la base des constatations, je ferais personnellement une visite. C’est ainsi que le destin me plaça au n° 4 de la Rue des Grandes Arcades, chez Monsieur L., en même temps qu’un officier de réserve, et que le chef de compagnie, qui avait déclaré une fois pour toutes qu’il me voulait comme compagnon de cantonnement. La famille, si je puis dire, se composait d’un monsieur d’un certain âge, propriétaire dans le quartier, d’un magasin de confection, ou quelque chose d’approchant, et d’une dame, plus très jeune, mais adroite et volubile. Elle semblait plutôt la gouvernante que le soutien de l’épouse, absente ou invisible. Notre vieil hôte était encore trop sous le choc pour protester, d’autant plus que la place ne manquait pas. Il semblait au contraire plutôt reconnaissant pour la protection que nous représentions, car il semble que la sécurité publique n’avait plus fonctionné correctement. Aussi ne tarissait-il pas d’éloges pour la discipline de nos troupes qui, au lieu de se disperser dans la ville, étaient restées des heures place Kléber. Mais il ne cessait de poser la question de savoir si, en cas d’assaut, il n’y aurait pas eu quand même du pillage. Il semble que ce souci ait aussi régné dans l’administration. Eu égard aux conseils, voire aux ordres donnés sur le terrain, cela nous paraissait vraiment comique, de sorte que nous cherchions, avec toute la force de notre conviction, à persuader le maître de maison que ses craintes n’avaient aucun fondement. Bien sûr, il n’y a aucun doute que dans une armée comptant des centaines de milliers de combattants, il y a, et il y aura toujours des individus qui, en de telles occasions, se croient tout permis. Nous devions en faire l’expérience dans les jours suivants. Comme ce jour-là, il était impossible de demander à nos hôtes, qui manquaient de tout, plus que le logement, nous nous rendîmes à la Maison Rouge toute proche, avec l’espoir fou d’y trouver de quoi réparer les effets de 12 heures passées sans manger. Nos espoirs furent cruellement déçus. Au menu, il y avait de la viande de cheval. Le contenu de la carte, fort attrayante, avait été construit dessus. Le pire, c’était que les pauvres animaux de sacrifice avaient partagé avec leurs maîtres les jours de pénurie du siège. La boisson était là en quantité et en qualité, même si les prix affichaient des niveaux vertigineux. Mais au milieu de cette affluence, il était trop tentant de trinquer avec des camarades qui ne cessaient d’arriver, et qu’on avait connus dans le danger…». P. Jacob Ce récit provient de FRANZ ILEX, Vor Strassburg, Erinnerungen aus dem Jahre 1870, Strasbourg 1895, p. 105 suiv. Traduction P. Jacob. Ce Monsieur était officier prussien, et semble s’être établi à Strasbourg par la suite. Il fournit de nombreux détails sur la vie des troupiers allemands, leurs rapports avec la population locale et les
réactions de cette dernière. Les historiens locaux trouveraient certainement dans son récit d’intéressantes descriptions des villages autour de Strasbourg. Autres témoignages sur le siège de Strasbourg : Strasbourg brûle-t-il ? Exposition 11 septembre-10 décembre 2010, Archives, médiathèque Malraux, Musée Historique. Strasbourg 1870, Le récit du siège d’après le journal inédit d’Ernest Frantz, 15 juillet-28 septembre, introduction et commentaires d’Aline Bouche, David Bourgeois et Marie-Claire Vitoux, Editions Place Stanislas, 2011. L’ouvrage comporte p.47 une bibliographie assez complète. SIGNOURET RAYMOND, Souvenirs du bombardement et de la capitulation de Strasbourg, Bayonne, octobre 1872. A l’époque où cet ouvrage est publié, l’auteur a bien du mérite d’échapper au lamento ambiant. Le livre fourmille de détails éclairant la situation à l’intérieur de la ville. Il propose un tableau détaillé des pertes humaines, qu’il convient évidemment de compléter. L’attitude vis-à-vis des Allemands est dépassionnée, républicaine. Signalons sur l’excellent site archi-strasbourg.org, sous « place Kléber », une photo probablement prise en 187O ou 1871. On y voit les troupes allemandes rangées en carré sur la place. A droite, l’Aubette, précédée des gravats du bombardement. Au fond, l’hôtel de la Maison Rouge. Quelques civils sont venus voir les troupes. L’ensemble évoque bien ce que décrit F. Ilex.